Carré-Colonnes – « les enfants du siècle » prennent la parole sur le WEB

En avant première des productions sonores du Conseil des Jeunes du Carré-Colonnes, voici l’extrait d’une mini fiction écrite de la main de Samantha T. Belle écoute et belle journée théâtrale confinée à tou.te.s !

Depuis presque 60 ans, le 27 mars est célébré en tant que journée mondiale du théâtre. Alors, en ce jour où "les enfants du siècle" devaient prendre la parole dans les théâtres avec l'ANRAT, ils la prendront sur le web. En avant première des productions sonores du Conseil des Jeunes du Carré-Colonnes, voici l'extrait d'une mini fiction écrite de la main de Samantha T. Belle écoute et belle journée théâtrale confinée à tou.te.s !

Publiée par le labo des cultures sur Vendredi 27 mars 2020

Des étudiants du CRR de Toulouse témoignent… « le 27 mars les enfants du siècle » continue à distance…

« Le théâtre est pour moi la réconciliation entre moi, mon corps et ma voix, que j’ai souvent eu du mal à accepter et faire marcher main dans la main. Le travail corporel du théâtre m’apprend à avoir confiance en mon corps et à me l’approprier, ce qui n’est pas simple dans cette période adolescente. Le théâtre nous apprend à marcher en groupe, à travailler en lien avec les autres, tout en s’accordant notre place. Il nous permet de nous construire ensemble, AVEC les autres sans s’y mettre au-dessus ni en dessous.

(Bertille Correnson, classe de 3ème, cycle 1 CRR de Toulouse) »

« Que m’apporte la pratique du théâtre ?
Je m’appelle Sofia Simonova, j’ai 16 ans et dans ce texte je voudrais partager mon avis sur que m’apporte le théâtre et sa pratique.
Tout d’abord le théâtre m’a permis de faire beaucoup de découvertes. Durant mes 4 ans de pratique, j’ai pu découvrir de nombreuses choses, que ça soit une ville, des nouvelles connaissances ou des auteurs. Je pense que les découvertes au théâtre ne se termineront jamais, qu’il y aura toujours quelque chose pour susciter notre curiosité et nous encourager à découvrir de plus en plus.
L’un de mes défauts principaux est ma mauvaise mémoire. Le théâtre me permet de développer ma mémoire tout en apprenant des textes qui me plaisent. Depuis ma pratique de théâtre j’adore apprendre des répliques du personnage dont je m’imprègne. J’ai réussi à bien développer ma mémoire visuelle qui pour l’instant reste l’essentiel. Mais depuis cette année, de nombreux exercices me font travailler ma mémoire auditive et kinesthésique. J’ai peur de m’imaginer quelle serait ma mémoire actuellement, si je ne faisais pas du théâtre.
Le théâtre permet également d’accepter le regard des autres. Que ça soit notre famille, nos amis, des inconnus ou des professionnels – depuis toujours on a peur des regards des autres et de leur jugement. Pour affronter et vaincre l’importance qu’on porte aux avis des autres, je trouve que le théâtre est le meilleur ami. Qui pourra vous aider mieux à vous débarrasser d’une gêne inutile devant les autres que le théâtre ? Qui pourra vous aider à plonger dans la peau de différentes personnalités que la vôtre ? Le théâtre m’a permis d’acquérir une certaine indifférence aux regards des autres et prendre plus confiance en moi. Et même si je ne suis pas encore totalement débarrassée de cette peur de jugement, je suis sûre que le théâtre m’aidera à la vaincre dans les années à venir.
Pour finir, la pratique du théâtre est souvent comme une bouffée d’air pendant le quotidien répétitif.
On ne sait jamais quelle situation peut nous arriver. Qui va-t-on jouer ? Comment ? Avec qui ? Cette sensation de surprise change un peu le quotidien monotone. Et durant le jeu, durant le temps qu’on est dans la pratique du théâtre, on oublie tout. On ne s’inquiète plus de nos problèmes ou nos devoirs, notre vie réelle devient lointaine et on se plonge entièrement dans le monde qu’on crée maintenant. C’est un moyen idéal pour s’échapper de notre vie et de nous-mêmes. Mais c’est aussi une bonne occasion de se découvrir et de s’instruire.
Mais je pense que les acteurs n’existent pas seulement sur scène. Je pense que chacun de nous est acteur aussi dans notre vie. »

(Sofia Simonova, classe de 3ème, cycle 1 CRR de Toulouse)

Merci à Katharina Stalder, vice-présidente de l’ANPAD et enseignante au CRR de Toulouse qui nous a transmis ces témoignages !

Au théâtre Louis Aragon à Tremblay-en-France

Initialement au Théâtre Louis Aragon, un happening devait avoir lieu dans le hall pendant que le public attendait d’entrer en salle pour Ruy Blas le soir du 20 mars. L’équipe du TLA n’a pas pour autant renoncé a participé à l’opération cette année, et a retrouvé le texte de cette très belle prise de parole qui avait eu lieu le 27 mars 2019 de la part de deux « enfants du siècle », Alan Girard et Merbouah Rahmani.

Alan Girard

Bizarre, je pense que c’est le mot qui qualifie le mieux mon entrée dans le théâtre et au théâtre Louis Aragon. Bizarre ouais parce que moi j’étais jamais allé au théâtre avant, sauf quand j’étais en CP, j’avais fait une petite représentation de la Cigale et la fourmi  donc en CP et c’était tout mignon.  Et là, première sortie de l’année on va voir Lux Tenebrae de Bernardo Montet. On me dit que c’est de la danse, et moi je faisais de la danse à l’époque donc je me dis que ça va être sympa, ça va être cool. Et bah c’était pas très sympa non, parce que je voyais plein de choses mais je ne savais pas les interpréter. Parfois il y avait comme des tableaux mais pareil je ne pouvais pas les interpréter. Je sais que j’ai trouvé ça beau mais je ne sais pas pourquoi. Je pense que je suis passé totalement à côté de ma première expérience au théâtre. Et là Laure Hamidi notre prof de théâtre nous a dit qu’on allait travailler avec ce chorégraphe. Là y’a une petite voix dans ma tête qui me dit : « bah non en fait je n’ai pas signé pour ça ».

Merbouha Rahmani

Ouais c’est bizarre parce qu’avant y avait rien et maintenant y a tout, c’est ça la place du théâtre dans ma vie. Le théâtre pour beaucoup ça signifie l’artifice, la création, le spectacle, une idée exprimée à travers le corps, les mots. Pour moi le théâtre c’est réellement plus que ce qui a changé ma vie, ça me l’a sauvée. Je me suis plongée dedans tête la première et c’est dans cette eau-là que je me trouve sincère, que je suis moi même. C’est bizarre parce que souvent au théâtre on pense qu’on joue des rôles mais pas moi en fait.

AG

Et vous savez quoi ? L’atelier avec Bernardo Montet ? Bah c’était génial. C’était une vraie claque. On a pu travailler avec lui pendant 3 après-midi quand j’étais en première et 3 après-midi quand j’étais en terminale donc 2 années de suite. Et avec Bernardo Montet j’ai beaucoup appris. J’ai beaucoup appris sur le mouvement, sur le silence et sur la lenteur. Enfin pas vraiment la lenteur, plutôt la nécessité de prendre le temps pour faire le mouvement, pour bien le faire. Parce que c’est beau un mouvement bien fait. Et donc j’ai compris que c’était à partir du corps qu’on faisait du théâtre, c’est à partir du corps que tout émerge, et ouais que c’est à partir du corps qu’on fait du théâtre, d’abord.

MR

Moi j’ai découvert le théâtre à l’atelier du lycée. On allait voir des pièces tout en montant la nôtre. Après nos représentations l’an dernier, j’ai compris que ça c’était fait pour moi, y’avait pas photo. La sensation que j’ai eue sur scène, c’est ça que je veux faire à jamais dans ma vie. J’aime le théâtre et je ne vis plus que pour ça. Avec l’atelier théâtre, j’ai aussi découvert par la suite le Festival d’Avignon, le plus grand festival de Théâtre au monde ! J’ai adoré cette expérience et j’ai rencontré un metteur en scène, Jean Bellorini, grâce à Laure qui nous avait aussi parlé de son projet de Troupe éphémère, une sorte de petit groupe d’une vingtaine de jeunes choisis par lui et son équipe pour quelques représentations à la fin de l’année ; mais super sélective la sélection ! Je me rappelle lui avoir demandé : « heu vous recrutez ? » et il m’a dit : « oui on recrute » et du coup j’ai tenté ma chance comme un coup de bluff et du coup maintenant je fais partie de la troupe, comme quoi il faut y croire, y’a peut-être une place pour moi dans ce milieu-là.

AG

Apprendre et comprendre. Apprendre à comprendre, je pense que ce sont les maîtres mots de mon expérience avec le théâtre, que ce soit avec le lycée, ou avec le Théâtre Louis Aragon. J’ai découvert le travail de comédien et toute la partie immergée de l’iceberg. J’avais l’impression de devenir un petit comédien qui comprenait les grands comédiens sur scène. Faire et voir du théâtre ça m’a nourri, comme rien d’autre auparavant. Je dirais même que j’ai un peu grandi grâce au théâtre, que j’ai même grandi au théâtre, parce que ça fait maintenant 5 ans que je fréquente le TLA, 5 années qu’ils nous ouvrent leur porte et qu’ils nous accompagnent dans notre parcours de comédien, notre parcours de spectateur et même notre parcours de vie.

MR

Par contre moi ce que je sais c’est qu’à l’heure qu’il est aujourd’hui, si j’avais continué ma route sans rencontrer ce monde-là et sans rencontrer ces gens-là, Laure Hamidi et l’atelier théâtre, Emmanuelle Jouan et le Théâtre Louis Aragon, Jean Bellorini et le Théâtre Gérard Philippe, bah je ne serais pas devant vous ce soir en fait. Je pense que je serais surement, sans exagérer, sans faire du cinéma, c’est une réalité, je serais en train de galérer, de passer mon temps à gâcher ma vie et à gâcher celle de mes proches. Je veux parler du quartier, de toutes ces choses-là (gêne), de la délinquance que j’ai beaucoup connue et qui m’a en un certain sens, brisée. Et à cause de ce qui se passe dans ce monde-là, dont on ne sait finalement que très peu de chose, bah voilà si je dis que le théâtre m’a sauvée, c’est parce que grâce à lui bien heureusement je me suis éloignée de tout cela. Désormais j’ai pu choisir d’appartenir à un autre monde, qui fait partie intégrante de mon identité ; d’ailleurs j’entreprends de poursuivre mes études dans cette voie.

AG

Moi aussi j’ai eu la chance de pouvoir partir à Avignon, deux fois, avec le TLA. Une première fois à la fin de notre année de terminale, grâce au Théâtre et à la mobilisation de la ville de Tremblay, on a pu partir quelques jours avec l’atelier théâtre et c’était vraiment une superbe expérience, c’était inoubliable, on a pu découvrir le festival et toutes ses coulisses. J’y suis même retourné l’année dernière car dans le cadre de mes études j’ai fais un stage ici au TLA et ils m’ont engagé pour le festival d’Avignon, pour que je puisse apporter ma contribution. Encore une fois c’était une superbe expérience et je les en remercie grandement. Maintenant y’a une nouvelle page qui s’écrit.

MR

Ouais, on a même créé notre association, la Belle jeunesse, ici même pour faire entendre notre voix sur scène et j’en suis la présidente donc voilà c’est une belle façon de voir sa vie basculer du bon côté et avec de réels projets de vie qui se mettent en place.

AG

Pour moi c’est un premier pas dans ma vie de jeune actif, c’est une sorte de continuation et d’accomplissement je dirais.

Et maintenant quand je vais au théâtre, je comprends ce qui se passe, sur scène mais aussi dans le monde, dans la vie et dans ma vie.

MR

Je pense que tout ça, c’est grâce à des rencontres que l’on fait tout au long de sa vie. Qu’elles ne sont pas dues au simple hasard. Tout le monde nous apporte quelque chose de la même manière qu’on en apporte aussi. Sans le vouloir ni le savoir je voudrais faire référence à une personne qui m’est précieuse mais elle n’est pas là, elle s’appelle Laure Hamidi. Donc voilà j’ai réussi à passer de rien au tout grâce à elle, c’est elle qui m’a transmis ce feu, cette passion là du théâtre et c’est grâce à des gens comme ça que l’espoir peut exister dans le monde injuste qui est le nôtre. Il faut des gens comme ça, une rencontre peut changer une vie et en l’occurrence maintenant ma vie c’est le théâtre donc voilà.

Nouvelles modalités pour l’opération en 2020

Au vu de la situation, l’opération « le 27 mars, les enfants du siècle prennent la parole » ne peut bien entendu plus suivre les modalités initialement prévues. 

Toutefois la période singulière qui s’ouvre peut être l’occasion de mettre en valeur, via ce site et les réseaux sociaux, d’éventuels témoignages, écrits ou filmés, de jeunes évoquant ce que leur apporte la pratique du théâtre, d’éventuellement solliciter les partenaires enseignants pour en recueillir auprès de leurs élèves, et de s’en faire l’écho sur le site et sur la page Facebook de l’ANRAT.
Pour toute information complémentaire, et pour communiquer ces matériaux : philippe.guyard@anrat.net

« les enfants du siècle prennent la parole » en 2020

Ce jeudi 12 mars à la La Scène Watteau a eu lieu le premier événement lié à notre opération « les enfants du siècle prennent la parole ». 7 élèves d’une classe de 1ère du lycée Paul Doumer du Perreux-sur-Marne, accompagnée par leur enseignante Éléonore Bertrand, ont pris la parole devant le public venu voir ce jour-là Hamlet de la Cie Kobal’t mis en scène par Thibault Perrenoud. Durant une dizaine de minutes, ils se sont faits les porte-paroles de leur classe et ont témoigné de ce que leur avait apporté une journée de travail avec le metteur en scène et les comédiens de la compagnie Kobal’t. Parmi les propos tenus, on peut citer : « Pour moi ce genre de journée est important pour tout le monde aussi bien pour des gens qui font du théâtre que pour les novices en la matière car elle permet de libérer la parole et d’être plus à l’aise pour s’exprimer devant les gens, devant un public. »

crédits photo : Alain Richard.

© D.R, photo prise lors du 27 Mars 2019, Le Grand T à Nantes.

Le Tnp Villeurbanne, le Théâtre de la Ville – Paris, La Colline – Théâtre National, La Comédie de Saint-Etienne, Théâtre du Pélican, Le Théâtre de Lorient, Le Centquatre-Paris, Le Théâtre Massalia, L’Archipel Perpignan-Scène Nationale, le Théâtre Olympia, cdn de Tours, TnBA – Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine, le Théâtre National de Nice – TNN, le CDN Nancy Lorraine – la Manufacture, le Théâtre Dijon Bourgogne , le Théâtre des Îlets – CDN de Montluçon , le Nouveau théâtre de Montreuil, le Théâtre de Sartrouville et des Yvelines-CDN, La Coursive, scène nationale de La Rochelle, le Théâtre d’Aurillac, le Théâtre-Sénart, scène nationale, Le Grand T, Maison des Arts Creteil, Le Parvis, scène nationale Tarbes Pyrénées, le Théâtre 71/cinéma Marcel Pagnol, Le Bateau Feu / Scène nationale Dunkerque, le Nest Théâtre, CCAM-Scène nationale de Vandœuvre, le Théâtre Brétigny, scène conventionnée Dedans/Dehors, le Monfort Théâtre, le Théâtre Le Sémaphore Port-de-Bouc, Maison de la Culture Amiens, Velo Théâtre, le Théâtre du Rond-Point, la Scène nationale 61, Le Mouffetard Théâtre des arts de la marionnette, le Théâtre de Chelles, le Théâtre de Nîmes, La Villette, le Théâtre Romain Rolland, Carré-Colonnes, le Théâtre de La Coupe d’Or, La Saison Jeune Public au Revest-les-Eaux, Côté Cour Scène conventionnée Art, enfance, jeunesse, le Lucernaire, Les Quinconces-Théâtre de Vals-les-Bain, La Scène Watteau, le Théâtre Le Grand Bleu, le Théâtre Louis Aragon, le Théâtre de l’Arsenal – Val-de-Reuil, le Théâtre Paris-Villette, La Filature, Scène nationale – Mulhouse, MC2: Grenoble, Le Carreau-Scène Nationale de Forbach, La Halle aux Grains, le Théâtre 13, Le Préau- Centre Dramatique National de Normandie- Vire, Le Canal – Théâtre du Pays de Redon, le Théâtre de L’Ephémère au Mans, Le Théâtre Dunois, le Théâtre de l’Union à Limoges, le Théâtre des Quartiers d’Ivry, le Théâtre Sorano à Toulouse, La Minoterie, scène conventionnée Art, enfance, jeunesse avaient annoncé leur participation à l’opération 2020.

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le site de l’ANRAT (Association Nationale de Recherche et d’Action Théâtrale) pour découvrir nos ressources, colloques, actions… autour des questions de théâtre et éducation.